Reprise

Le projet au long cours de L’eau-dyssée/ Eau tissée des lavoirs a donné lieu cette année à deux cafés Text’Styles très riches à Montreuil sur mer et à Fontaine les Vervins : éclectisme des lectures, chansons, littérature classique, textes personnels, poésies, enquête patrimoniale et sociologique, témoignages de vécu…

Merci à toutes et à tous..

 

Il y a de plus, dans la mise en lien de ces deux cafés Text’Styles, l’émergence de correspondances géographiques, paysagères, une dimension ancrée au cœur même du projet de l’Eau Tissée des lavoirs.

 

Montreuil sur mer, une ville au Moulin abandonné

moulin.jpgCrédit photo © La Voix du Nord

 

Fontaine les Vervins, une ville au Moulin réenchanté par une bibliothèque

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Photo IB

 

Le 22 février 2019 au bar du Patio Montreuil sur mer

Ce que j’aime dans les cafés Text’Styles de Montreuil c’est l’enchevêtrement d’objets, d’histoires, de poèmes, de chansons telle une boite à boutons : toujours des surprises, des découvertes…

  • Anne Tricaud paru dans la revue Modes pratiques ( revue d’histoire du vêtement et de la mode, n°3) intitulé » Les saisons du blanc, grandes buées et petites lessives »-  Sylvie Masson a partagé ses notes de lectures

 

sylvie masson

  • La légende des Lavandières de la nuit et une note de chanson, avec l’écoute de : « Jour de lessive », un poème de Gaston Couté interprété par le chanteur Loïc Lantoine apporté par Marie Devynck

 

« Des fois on étendait sur les haies autour du lavoir, à la bui de printemps il y en avait jusqu’au cimetière, ou bien on ramenait le linge chez soi, mais on n’avait pas de fil de fer, on étendait bien tiré, par terre, sur l’herbe, ou sur les haies du jardin, derrière la maison… Quand maman allait ramasser le linge le soir, je me vois sauter dedans, je me faisais disputer… Quand on ressortait le linge de dessus les haies, on voyait les bouts des branches dessinés dedans, ça faisait des pointes dans les draps, dans la toile parce qu’elle était lourde… » 

  • Légende de Sainte Austreberthe est devenue la patronne des lavandières par Isabelle Segard Baudelet

 

  • Nausicaa : le lavoir, chant Chant VI lu par Daniel Vandenbroucke

« Et quand elles furent parvenues au cours limpide du fleuve, là où étaient les lavoirs pleins toute l’année, car une belle eau abondante y débordait, propre à laver toutes les choses souillées, elles délièrent les mulets du char, et elles les menèrent vers le fleuve tourbillonnant, afin qu’ils pussent manger les douces herbes. Puis, elles saisirent de leurs mains, dans le char, les vêtements qu’elles plongèrent dans l’eau profonde, les foulant dans les lavoirs et disputant de promptitude. Et, les ayant lavés et purifiés de toute souillure, elles les étendirent en ordre sur les rochers du rivage que la mer avait baignés. Et s’étant elles-mêmes baignées et parfumées d’huile luisante, elles prirent leur repas sur le bord du fleuve. Et les vêtements séchaient à la splendeur de Hèlios. » Chant VI

 

 

  • Jour de lessive, un poème écrit et lu par Carmen Vandenbroucke

« Elle trie, fait ronronner sa machine, puis porte son plein panier sur sa hanche gauche, jusqu’au jardin.

D’un coup sec, elle défroisse son linge avant de l’accrocher

sur le fil tendu.

C’est du dos de la mais qu’elle chasse l’insecte posé sur une taie, puis rentre chez elle , l’air entendu.

Le soir, elle cueille son linge comme elle cueille ses fleurs

Et…

Petit bonheur secret depuis si longtemps.

Elle sait que cette nuit, elle se glissera dans des draps au parfum de soleil et de vent. »

  • Les lavandières du portugal, chanson chantée par Colette Martel

 

  • par Fanny Baert : sa tendresse particulière pour les lavoirs

Elle nous raconta un souvenir émouvant de ses vacances d’enfants à la montagne, dans une pâture, près d’un torrent…

« A cette époque je n’allais nulle part sans mon nounours. Nous passions des heures au torrent à fabriquer des barrages, à nous créer des mares, à patauger dans cette eau vive.

Arriva ce qui devait arriver !

Un jour le courant a emporté mon nounours

En aval de notre aire de jeux  se trouvait un lavoir que nous connaissions bien pour y laver régulièrement notre linge. Pourvu que mon nounours y soit arrêté.

Nous cavalâmes jusque là. Ouf il s’y trouvait mais il était moins une qu’il ne poursuive son chemin.

Est-ce pour cela que j’ai une tendresse particulière pour les lavoirs que je rencontre ? »

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  • une participation à distance envoyée par l’artiste tisseur de textes Ilann Vogt

Un extrait du livre de Michèle Perrot, Les femmes ou le silence de l’histoire.

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24 juin 2019 :à la Médiatheque Henry Duflot de Fontaine les Vervins dans l’Aisne

 

 

Echanges et rencontres en terre de lavoirs.

  • avec Jacques Marie Duchêne au sujet du travail de son père, un poète qui écrivait sans le dire au cours de longues marches..

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Voir le récit du chant 6 : le lavoir oublié

Jacques Marie évoqua ses souvenirs d’enfant, et de jeux autour du lavoir chez sa grand mère…lavoir aujourd’hui disparu.

D’autres personnes ont rappelé la dureté de ces tâches..

Sociologue, poète, peintre, elle est co auteur de l’ouvrage : Lavois en Thiérache

 

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Merci à Odile Jansen Courbois, directrice de la médiathèque, pour cette invitation et l’organisation de ce moment riche.

A suivre….

 

Lavoir de Chaourse dans l’Aisne près de Vervins

 

Isabelle Segard-Baudelet pour L’eau tissée des lavoirs…Reprise le 16 septembre 2019 M sur m

 

Photographies ©Isabelle Segard Baudelet (hors mention spéciale)

 

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